ETNA a testé 6 outils IA d’aide à la rédaction de demande de brevet — ÉPISODE 5 : La description détaillée

ETNA a testé et comparé six outils d’intelligence artificielle dédiés à la rédaction de demandes de brevet.

Trois sont spécialisés en propriété industrielle (Ankar, Questel et DeepIP) et trois sont des outils conversationnels généralistes (DeepSeek, Mistral AI et ChatGPT).

Cet épisode fait suite aux trois premiers épisodes consacrés à la rédaction des revendications, et à l’épisode précédent qui porte sur la formulation du problème technique.

Nous poursuivons ici avec la description détaillée. Deux des figures fournies aux outils sont accessibles dans notre épisode introductif ici.

Comme pour les tests effectués sur la revendication principale, les résultats présentés ici proviennent d’un unique prompt pour une comparaison efficace. Nous avons tout simplement demandé à chaque outil de rédiger une description détaillée complète.

Il n’était bien entendu pas possible de reporter l’intégralité des descriptions détaillées (encore que … certaines sont tellement courtes …), aussi nous reproduisons ci-dessous pour chaque outil la partie de la description consacrée à la figure 1.

OUTIL N°1

Comme visible sur les figures 1 à 3, la poignée 1 s’étend selon un axe longitudinal et comprend principalement un manchon 2 et un élément d’extension 3.

Le manchon 2 constitue la partie intérieure de l’ensemble. Il est destiné à être monté de manière mobile en pivotement sur l’ouvrant et relié à une serrure (non représentée). Il s’étend entre une première extrémité destinée à cette liaison et une extrémité opposée libre 10.

L’élément d’extension 3 est monté de manière coulissante sur le manchon 2. Dans le mode de réalisation illustré, l’élément d’extension 3 est un tube qui coulisse autour du manchon 2. Il s’étend depuis une extrémité de liaison 7, proche de la porte, jusqu’à une extrémité libre 8, laquelle est munie d’un moyen de préhension 4. Ce moyen de préhension 4, qui peut être par exemple un disque ou une boule, facilite la saisie par l’utilisateur.

L’élément d’extension 3 est mobile en translation par rapport au manchon 2 entre deux positions stables : une position rétractée, illustrée à la figure 1, et une position déployée, illustrée à la figure 2.

En position rétractée (figure 1), l’élément d’extension 3 est majoritairement engagé sur le manchon 2, conférant à la poignée 1 une longueur minimale. L’extrémité libre 8 de l’élément d’extension 3 se trouve à une faible distance D1 de l’extrémité libre 10 du manchon 2. Dans cette configuration, la poignée est compacte et discrète. 

 

Malgré un certain manque de précision, l’outil 1 propose une description plutôt valable et relativement détaillée de la figure 1.

OUTIL N°2

En référence aux figures 1 à 6, la présente invention concerne une poignée de porte télescopique 1 comprenant une pluralité d’éléments tubulaires intégrés dans une structure télescopique unique.

La poignée de porte télescopique 1 comprend un premier tube 2 et un second tube 3. Le premier tube 2 est destiné à être relié à la porte et est solidaire du mécanisme assurant l’actionnement du pêne. Le second tube 3 est monté coulissant sur le premier tube 2, permettant un mouvement télescopique entre les deux éléments. Selon une variante de réalisation non représentée, le second tube 3 peut être monté coulissant dans le premier tube 2.

Le premier tube 2 et le second tube 3 sont emmanchés par friction, si bien qu’une force de faible intensité suffit pour initier un coulissement avec frottement du second tube 3 autour du premier tube 2. Cet ajustement permet un certain maintien du second tube autour du premier tube tout en autorisant le mouvement télescopique.

La poignée 1 est actionnable entre une position repliée, illustrée à la figure 1, dans laquelle les tubes 2, 3 sont emmanchés l’un dans l’autre, et une position déployée, illustrée à la figure 2, dans laquelle le second tube 3 fait saillie du premier tube 2. Dans sa position repliée, la poignée 1 occupe peu d’espace, tandis que dans sa position déployée, le bras de levier est augmenté et permet un actionnement aisé de ladite poignée 1 pour mettre le pêne en mouvement. 

L’outil N°2 fournit une description plus fonctionnelle que structurelle. Il manque ainsi la description précise des éléments composants le système dans sa position illustrée sur la figure 1.

OUTIL N°3

Dans une première configuration, la poignée télescopique peut être fabriquée à partir de matériaux métalliques tels que l’acier inoxydable ou l’aluminium, offrant une résistance accrue et une durabilité remarquable. Alternativement, des matériaux composites ou plastiques renforcés peuvent être utilisés pour réduire le poids tout en garantissant une robustesse adéquate.

Une autre réalisation envisage que l’élément d’extension soit emmanché par friction autour du manchon grâce à un revêtement interne en caoutchouc ou en silicone, permettant un ajustement précis et une réduction des frottements excessifs. Ce revêtement peut également être traité pour résister à l’usure et aux variations de température.

Concernant la section des tubes, une forme circulaire est privilégiée pour une manipulation ergonomique, mais des sections quadrilatérales, elliptiques ou même hexagonales peuvent être adoptées pour des raisons esthétiques ou fonctionnelles, tout en restant conformes à la solution technique proposée. »

 

L’outil N°3 est peu performant en matière de description détaillée. Il est uniquement fourni une succession de paragraphes dénuées de tout description des figures. A noter que l’extrait ci-dessus représente environ la moitié de la description détaillée …

DEEPSEEK

La poignée (1) selon l’invention comprend un manchon (2) relié à une serrure de l’ouvrant et un élément d’extension (3) monté coulissant sur le manchon (2). L’élément d’extension est déplaçable le long de l’axe longitudinal (XX’) entre une position rétractée (Fig.1) et une position déployée (Fig.2).

Dans un mode de réalisation préféré, l’élément d’extension (3) est emmanché par friction autour du manchon (2), assurant un maintien sans jeu excessif. Le manchon (2) et l’élément d’extension (3) présentent une section circulaire, mais d’autres formes (par exemple quadrilatérales) sont envisageables.

Pour maintenir la poignée en position rétractée ou déployée, le manchon (2) comporte un bossage périmétrique (13) coopérant avec des premier et second bossages (5, 6) situés sur l’élément d’extension (3). Le bossage (13) s’engage dans le premier bossage (5) en position rétractée et dans le second bossage (6) en position déployée.

L’extrémité libre de l’élément d’extension (3) est pourvue d’un moyen de préhension (4), tel qu’un disque ou une boule, facilitant la saisie par l’utilisateur.

Un ressort de traction (11) peut être monté entre les extrémités libres du manchon (2) et de l’élément d’extension (3) pour favoriser le retour en position rétractée.

L’utilisation est intuitive : l’utilisateur tire sur le moyen de préhension (4) pour déployer la poignée et appuie pour la rétracter. 

Nous avons ici reproduit l’intégralité de la description détaillée fournie par DEEPSEEK. Inutile donc de préciser que cette description détaillée n’en est pas une.

Mistral IA

5. Description détaillée de l’invention

5.1 Structure générale

La poignée de porte télescopique (1) selon l’invention est constituée de deux tubes emmanchés l’un dans l’autre : un premier tube (2) fixé à la porte (12) et un second tube (3) mobile en translation par rapport au premier. Le second tube (3) peut coulisser soit autour, soit à l’intérieur du premier tube (2), selon les variantes de réalisation.

5.2 Fonctionnement et positions

Position repliée (figure 1) : Les tubes (2, 3) sont emmanchés l’un dans l’autre, réduisant l’encombrement de la poignée.

Position déployée (figure 2) : Le second tube (3) fait saillie par rapport au premier tube (2), augmentant le bras de levier et facilitant l’actionnement du pêne.

5.3 Moyens de maintien

Pour assurer le maintien du second tube (3) dans les deux positions, le premier tube (2) comporte un bossage externe (13) et le second tube (3) comporte deux bossages (5, 6) répartis sur sa longueur. Ces bossages coopèrent pour maintenir le second tube (3) en position repliée ou déployée.

 

Mistral IA propose une description détaillée sous forme de plan numéroté, mais la description est en elle-même très insuffisante.

CHATGPT

Description détaillée des figures

Figure 1

La figure 1 illustre une poignée de porte (1) selon l’invention, représentée en position rétractée.

La poignée comprend un manchon (2) destiné à être monté mobile en pivotement sur une porte (12), et un élément d’extension (3) emmanché par coulissement autour du manchon (2).

Dans cette position, l’extrémité libre (8) de l’élément d’extension (3) est disposée à une faible distance (D1) de l’extrémité libre (10) du manchon (2), ce qui réduit l’encombrement de la poignée (1).

Un moyen de préhension (4), ici représenté sous forme d’une boule, est disposé à l’extrémité libre (8) de l’élément d’extension (3) afin de faciliter la saisie par l’utilisateur.

Le bossage (13) ménagé sur le manchon (2) coopère avec un premier bossage (5) de l’élément d’extension (3) pour maintenir la poignée dans cette position rétractée.

 

La description détaillée de la figure 1 de CHATGPT n’est pas si mauvaise par rapport à ses cousins généralistes. Comme pour l’outil N°1, cette description manque de précision mais paraît valable.

Conclusion générale

Les outils IA sont peu performants en matière de description détaillée fournie en réponse à un unique prompt.

L’outil N°1 et CHATGPT sont les plus précis, bien qu’insuffisant pour satisfaire à l’adage « tout ce qui est illustré doit être décrit ». L’outil N°2 fonctionnalise trop au détriment d’une description structurelle requis dans le cadre d’une description détaillée.

L’outil N°3, DEEPSEEK et MISTRAL IA ne fournissent pas de description détaillée valide.

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